
Du 22 au 24 juin 2021, l'atelier de la Commission africaine de l'énergie (AFREC) organisé sous le thème ''Comprendre la situation de la bioénergie en Afrique'' a attiré plus de 140 délégués de 41 ministères de l'énergie des États membres de l'UA qui ont discuté des impacts et des défis rencontrés par les États membres de l'UA dans la collecte, la validation, la diffusion, le suivi et le rapport des données sur la bioénergie en Afrique. L'atelier a lancé un appel en faveur de données précises, efficaces et fiables, nécessaires à l'élaboration de politiques et de décisions judicieuses en matière de bioénergie en Afrique.
Il s'appuie également sur les résultats de la bioénergie qui, a été organisée conjointement par l'AFREC, l'UNECA et la FAO-GBEP en mars 2021.
Le directeur exécutif de l'AFREC, M. Rashid Ali Abdallah, qui s'est exprimé lors de la réunion, a déclaré que la biomasse est une source d'énergie essentielle aussi bien pour les ménages que pour l'industrie. Environ deux tiers des pays africains dépendent de la biomasse, celle-ci représentant plus de 50% de biomasse de leur consommation totale d'énergie. Un tiers des pays africains en dépendent même à plus de 80% et quelques pays à plus de 90%. Dans certains pays, la part de la consommation de biomasse dans le secteur résidentiel représente plus de 80 à 95 %.
''Pour que l'Afrique puisse développer des projets de bioénergie durables et développer le secteur, elle doit résoudre le problème persistant de la qualité et de la disponibilité des données et de l'impact de la consommation de biomasse sur la santé et l'environnement, entre autres. Par conséquent, cet atelier aidera l'AFREC à identifier des outils viables et robustes et des synergies, que l'AFREC peut développer avec les Etats membres et qui nous permettront de fournir des mesures précises des données sur la biomasse à travers le continent. Les résultats de cet atelier nous permettront également d'élaborer une stratégie réaliste à court, moyen et long terme pour créer un cadre de programme bioénergétique viable pour l'Afrique, visant à améliorer le suivi, le compte rendu et la durabilité des ressources bioénergétiques dans tous les États membres de l'UA'', a-t-il souligné.
''La bioénergie représente un dixième de l'offre énergétique mondiale globale et la moitié de la demande africaine d'énergie est satisfaite par la bioénergie. Il est de la plus haute importance que nous suivions et communiquions des données sur la bioénergie exactes en vue de l'élaboration de politiques garantissant une cuisson propre, l'accès à l'énergie en général et des réglementations appropriées, entre autres. Une coopération et un engagement actifs sont donc fondamentaux pour atteindre les objectifs de développement du secteur de l'énergie", a déclaré M. Nick Johnstone de l'AIE.
Mme Agnieszka Kscielniak, statisticienne de l'UNSD, s'exprimant au nom de M. Leonardo Souza, chef des statistiques de l'énergie, a déclaré : "la dépendance excessive et continue à l'égard de la biomasse et des fours de cuisson insalubres en Afrique sape les progrès réalisés dans de nombreux pays africains ,en raison des graves impacts sur la santé qu'elle pose, et limite la croissance économique et le progrès social. Les données relatives à la biomasse solide traditionnelle sont généralement rares, ce qui entrave l'élaboration de politiques fondées sur des preuves, le suivi et l'évaluation de programmes conçus pour d'autres questions énergétiques. Il est donc essentiel de renforcer les capacités de suivi et d'établissement de rapports sur cette utilisation de l'énergie.''
S'exprimant au nom du directeur par intérim de l'infrastructure et de l'énergie de la Commission de l'Union africaine (CUA), M. Moses Bayingana a noté que l'atelier sur la bioénergie est pertinent pour les États membres de l'UA et les communautés économiques régionales, dans le développement de l'accès à l'énergie durable et moderne sur le continent, parce que la mise à jour et l'accessibilité de données précises sur la bioénergie offrent des possibilités de s'éloigner des modèles traditionnels de consommation de la biomasse, et de s'assurer que les ressources de la biomasse sont utilisées efficacement en déployant une technologie améliorée pour la consommation directe.
Les délégués des États membres et des institutions régionales et internationales ont partagé leurs expériences, leurs défis et leurs bonnes pratiques en matière de consommation de bioénergie, de ressources, de santé et de gestion des données socio-économiques. La réunion a également débattu de la manière de traduire les données sur la bioénergie et leur analyse en actions, mesures et politiques visant à améliorer la vie des groupes utilisant la biomasse pour la cuisson.
Les participants ont également apporté des contributions précieuses au projet de cadre stratégique pour la gestion des données sur la bioénergie en Afrique, actuellement élaboré par l'AFREC. Le cadre englobe tous les aspects de la gestion des données sur la bioénergie, notamment la collecte, le traitement, l'analyse, la validation, l'utilisation des données et leur diffusion de manière durable.